Parce que même si tu es une belle ordure, tu as la chance d'être atribué à un adjectif qualificatif mélioratif.




On lui avait tellement attribué le mot "salope" qu'elle ne tentait même plus de se défendre ni de l'expliquer. Elle s'enfermait, non sans douleur, dans sa bêtise devenue souffrance. Au moins, quand ils l'étreignaient, elle se sentait vivante, utile. On lui demandait souvent pourquoi. Pourquoi jouait-elle avec eux, pourquoi se plaisait-elle dans ce rôle. Elle ne jouait pas, elle n'aimait pas ce rôle. Voilà ce qu'elle répondait, souvent. Sans aucune autre explication. Ça ne sert à rien, les explications. Chacun voit les choses différemment. Les filles la voient comme une salope, les garçon comme une fille qui aime la vie. Elle ne l'aime pas, bien sûr. Elle joue avec, la torture, la manipule, la transperce, la déchire, la crève. Vivre est un supplice physique et moral. Inutile de préciser qu'elle est malheureuse.

Quand il la dévisagea pour la énième fois de la journée, un sourire coquin étalé sur les lèvres, elle baissa les yeux, la tête, ouvrit les bras, comme pour dire << Je suis à toi >>. En l'espace d'un instant, il s'était plaqué contre elle. Il prit les mains de la jeune fille, les posa sur ses épaules, l'obligea à lever le menton et, délicatement, posa ses lèvres sur les siennes. Il l'embrassait avec passion, les yeux fermés, les mains posées sur ses hanches, qui ne tardèrent pas à descendre bien plus bas. Quand a elle, son esprit était totalement braqué. Elle ne disait rien, se laisser faire, suivait chacun de ses gestes pour ne pas paraître totalement passive. C'était banal. Tout ce qu'il y a de plus banal à ses yeux.

Elle avait mal. Très mal. Elle s'était pourtant promis de ne jamais lui faire confiance. De ne jamais tomber amoureuse de lui, ne jamais lui dire << Je t'aime >>. De ne jamais le regarder autrement que le regard vide de sentiments. Et pourtant, malgré son c½ur de pierre, malgré son inaptitude à aimer, quand elle s'était retrouvé seule, elle avait eu mal. Très mal. Comme si une partie d'elle s'était envolée, d'un coup, comme ça. Elle avait besoin de lui. Pas seulement pour combler ce manque affectif de naissance, non. Elle avait besoin de lui, pour vivre. Tout simplement. Et maintenant, elle ressentait plus que jamais le besoin de l'avoir dans ses bras. De sentir son c½ur battre tout contre elle. Mais c'était finis, bien finis.
Parce que même si tu es une belle ordure, tu as la chance d'être atribué à un adjectif qualificatif mélioratif.

# Posté le jeudi 31 juillet 2008 14:44

Modifié le samedi 29 novembre 2008 06:15

'Scusez moi, vous auriez un barbecuearbrepourd'mainmatin ? UN QUOI ?! FEUUUUUUUUUUUUUUU =D



GOD, ces trois semaines avec vous. =)

Léo; Oxanne; Jojo; Nathan; Maud; Flore; Marjorie; Le belge; Anais; Bleuenn; Camille; Joanna; Clementine; Arnaud; Naomi; Teck-Teck; Julie.

'Scusez moi, vous auriez un barbecuearbrepourd'mainmatin ? UN QUOI ?! FEUUUUUUUUUUUUUUU =D

# Posté le jeudi 26 juin 2008 10:55

Modifié le jeudi 23 octobre 2008 11:06

Pauvre con.

Pauvre con.
[...] Comme cette envie de tout casser, lorsque seul le désir de la mort vous fait vivre, lorsqu'une larme ne vous effraie plus, qu'elle vous permet d'exister. Et pourtant, je vis sur une fin, je m'adresse à des murs. Ils ne me voient pas, ce point translucide et inexistant qui ne leur rappelle que l'incertitude d'une rencontre, d'un regard. Ils marchent, parlent, courent, se bousculent, sirotent leurs thés, mangent, travaillent , vers la destination finale inévitable. Et toujours cette même chose invisible les tourmentant, comme une boule au creux du ventre qui les rongent, les usent et ne les quittent plus. La solitude les achèvent. Subir n'est plus un acte criminel et devient ce qu'il y a de plus rationnel en ce monde. Se taire est tellement plus facile qu'oser, pleurer devient de l'impuissance personnelle, comme si ne rien dire n'allait pas noyer leurs coeurs. Rechercher dans chaque personne une lueur d'humanité devient aussi rare que de ne pas souffrir. L'interminable insatisfaction de leurs états d'âmes les poussent au suicide collectif, la douleur de la fatalité devient alors bien plus méprisable que la vie elle-même. Pleurer devient une force, la vie une antithèse.
Je restais là, debout au milieu du hall d'entrée. Certaine de ne pas vouloir continuer à avancer seule. Le noir plongeait la pièce dans la souffrance de mon être, reflétant ma journée. Comme un retour brutal à la réalité, ma main glissa le long du mur, j'allumai l'interrupteur. Les larmes aux bord du coeur, j'accompagnai ma carcasse jusqu'à la salle de bain avec l'envie de chasser ce jour d'un puissant jet d'eau. De remplacer la solitude par la candeur.[...]

# Posté le lundi 23 juin 2008 13:23

Modifié le samedi 29 novembre 2008 06:16

MY GOD ? Yeeaaah, You're god.

MY GOD ? Yeeaaah, You're god.

Je suis une épave de la société; abandonnée sur une aire d'autoroute.


[...] Cinq bonnes minutes plus tard, j'étais dehors. Le froid pénétrant dans chaque pores de ma peau, les jambes encore engourdis, les yeux plissés par le désir de voir toujours plus loin. Je tachais ardemment de me ressaisir. L'image de mes pieds meurtris m'obsédait, et c'est remplie de désespoir que je poussai les portes du magasin côté employés, une odeur de poisson emplissant mes narines. Je travaillais chaque soir et samedi dans un supermarché petit et ennuyeux, fréquenté en majorité par des retraités, des alcoolos et des adolescents avide d'adresser la parole à de quelconques vendeuses. Le tout pour payer mes études d'art à la fac voisine. Dans la plus grande discrétion que m'offrait le carrelage claquant sous mes pas, je me dirigeai vers le vestiaire, mis ma blouse, pris mon casier où reposait l'argent de la semaine et m'empressai physiquement de rejoindre ma caisse. Elles étaient déjà trois. A galérer pour servir les petits vieux présent dés l'ouverture. Comme si le temps ne leur était pas donnés, comme si la vie ne les avaient pas lassés de s'alimenter chaque matins dans le même taudis. C'était exaspérant. La jolie blonde, Jade, me salua d'un regard; m'encourageant à tenir encore un peu plus, au moins jusqu'à la fin du mois. Jusqu'à ce que les vieux commencent à crever doucement [...]


# Posté le mardi 17 juin 2008 15:29

Modifié le dimanche 14 septembre 2008 09:16