THE BEATLES.Seule; elle accumule jour après jour la fatigue et l'abandon, les mots écrits sur le papier ternis par le temps; les fusains au placard, la pluie de son c½ur au dehors. Elle flâne, attend le bus; réchauffe le café, compte chaque goutte noires et luisantes, tourne en rond, dépose ses pieds sur le carrelage froid, inerte; le tout avec une monotonie irrationnelle. Elle sent les cailloux se réveiller un peu plus bas, comme un poids lui nouant les entrailles, emprisonnant et consumant son corps, vide de sens à présent. Alors, elle ouvre la porte d'entrée, une vague d'air glacial engourdie le bout de ses doigts, lui conseillant de retourner sur ses pas. Elle n'écoute pas, boutonne sont manteau jusqu'en haut et s'engouffre dans l'hiver froid et triste de cette fin décembre. Elle marche en direction d'un point invisible qui mène sa vie; nourrissant son organisme à la nicotine, décryptant chaque pas comme une étape de plus dans son existence. Le rythme de la musique résonne dans sa tête, à lui en déchirer les tympans; recherchant dans chaque chanson un espoir. Elle songe à la mort, seule échappatoire à son mal être. Bien sûr, reconnaître les jours n'est plus un problème, puisqu'elle n'a plus que ça à faire désormais. Les compter, les attendre et les oublier. Des larmes minuscules et amères, minuscules regret triste et têtue. Minuscule révolte. Et pourtant, elle est vivante. Elle rase les plinthes, esquive les coups et se demande enfin si elle ne devrait pas partir plus tôt que prévu, Elle aurait froid. Tant pis.